Gratification différée et sens

Une compétence clé et ses conséquences sur la prise de décision, la persévérance & la satisfaction.

La gratification différée est impossible quand nous sommes sous l’emprise d’une addiction, une aliénation ou d’un conditionnement. Ce qui altère nos capacités à décider, notre discernement et notre satisfaction.

Dans notre société de l’immédiateté la gratification différée est l’une des compétences comportementales essentielle et malmenée. La pandémie nous l’a bien démontré à marche forcée, nous ne contrôlons pas tout et surtout pas le temps.

Elle nous apprend à résister à la tentation (qui peut être néfaste ou contreproductive) pour réussir un projet ou une activité, à être plus efficace et créatif. Savoir attendre et persévérer pour atteindre un but n’est pas toujours encouragé dans la société de l’immédiateté.

La gratification différée nous aide dans nos prises de décisions, nous permet d’atteindre un objectif et nous rend moins malléables face aux multiples sollicitations et fausses informations divulguées sur le net avec leur intrusion permanente et anxiogène dans notre vie. C’est une attitude mentale vecteur de sens et de bien-être.

Contrôler ses pulsions, tempérer ses envies, réguler ses émotions et différer son action c’est être plus résistant à la pression ou à l’inconnu, capable de surmonter des difficultés et de trouver des solutions.

L’imagination nous aide à contrôler nos pulsions, l’intelligence créative trouve la stratégie nécessaire pour y arriver.

Quand on est sous l’emprise de la colère, nous ne résistons pas à la satisfaction immédiate de se soulager en s’énervant ou en criant (ou plus encore). On peut aussi être en colère et réfléchir à une solution ou une action adaptée en réponse à ce qui nous atteint. C’est le principe des réseaux sociaux où on se laisse dominer par des émotions et l’impulsivité crées pour nous faire twitter et retwitter ou mettre des likes sans avoir pris la peine de vérifier ou de réfléchir. L’urgence ressentie nous empêche de penser et d’apprécier ce que nous faisons.

Nous sommes conditionnés par les algorithmes dont l’objectif est de nous inciter à faire défiler indéfiniment des contenus sans déconnexion, ni détente et finalement sans véritable satisfaction. L’infobésité nous “gave”!

Dans un autre registre deux exemples où la gratification différée nous permet de réussir.

  1. Vous voulez vous remettre en forme et vous avez commencé un cours de gymnastique ou vous vous êtes mis à la course à pied dans un élan enthousiaste en début d’année puis peu à peu le courage vous manque et d’autres sollicitations plus séduisantes vous attirent, c’est normalement humain. Comment résister à l’envie d’abandonner ?
  2. Vous êtes sous pression au travail, inondé de demandes diverses et urgentes, vous ne voyez plus l’intérêt de votre activité ? Vous êtes dans l’hyper activité permanente ? Vous n’appréciez plus ce que vous faîtes, vous êtes en pilotage automatique.

Comment développer la gratification différée

  1. Vous abandonnez, tout n’est pas perdu, reprenez comme si rien n’était arrivé et orientez vos pensées sur le chemin déjà parcouru avec  les acquis ou les points positifs que vous avez déjà engrangés, même les plus faibles, c’est un atout pour persévérer.
  2. Vous avez perdu de vue l’objectif de votre travail ou de vos activités, prenez un temps de “respiration” en vous occupant d’une tâche gratifiante moins urgente ou en vous arrêtant quelques minutes pour reprendre conscience de l’instant présent, de votre corps et de votre posture pour laisser vos “neurones s’aérer”. Reprenez le pouvoir sur vous au quotidien.
  3. Se recentrer sur son projet de vie

Imaginez la satisfaction que vous ressentirez quand vous aurez atteint votre objectif.

Reprenez votre objectif personnel et l’objectif de votre travail, imaginez-vous avec l’objectif global atteint : visualisez, entendez, ressentez l’émotion que cela soulève. Ce sera le moteur de votre action.

Il est possible que cela ne vous vienne pas nettement ou que vous n’en retiriez pas de satisfaction. Posez-vous ces questions :

  • “Est-ce que l’objectif personnel et l’objectif de travail sont en cohérence?” ou au moins ne sont pas en contradiction.

Une fois l’objectif global atteint dans votre imagination:

  • Est-ce que cela vous procure de la satisfaction sinon comment pourriez-vous améliorer l’un ou l’autre ?
  • “Quelles seraient les changements à effectuer pour être en phase avec ce que je souhaite?”

Faîtes des “simulations” mentales pour mieux cerner le chemin à emprunter

Projetez-vous dans le futur

L’intelligence créative nous aide à nous distraire de l’envie d’abandonner, à contrôler nos pulsions, et à poursuivre avec des détours. L’intelligence créative se nourrit de détours, à l’inverse de l’intelligence intellectuelle, rationnelle qui elle, suit un parcours logique linéaire. Grâce à l’alliance de ces deux types d’intelligences ont obtient une solution, une « production » (objet de recherche) ou une façon de faire nouveaux, innovants ou créatifs.

L’intelligence créative nous aide à différer et à prendre une décision, elle peut aussi avoir l’effet magique de la prédiction comme un effet « placebo ».

L’immédiateté a aussi son utilité quand il faut réagir vite, saisir une occasion ou dans la phase « Eureka » en recherche de solution.

Dans ces dernières situations il y a eu une phase de préparation, de maturation même si on ne s’en rend pas toujours compte.

La gratification différée nous aide à (re)donner du sens à ce que l’on fait ou ce que l’on vit parce qu’elle nous incite à réfléchir, faire des choix conscients et à apprécier ce que l’on a et obtenir ce que l’on souhaite vraiment.

Et vous, avez-vous des exemples de difficultés ou de réussites grâce à ces compétences ?

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