Intelligence émotionnelle et intelligence créative main dans la main -1-

5 compétences clés pour améliorer le bien-être, la créativité et l’efficacité

L’intelligence émotionnelle est souvent nommée comme étant LA capacité permettant de trouver sa sécurité interne, de prendre des décisions, de s’adapter et d’innover, de communiquer et de nouer des liens sociaux..

Baguette magique ?

Presque, cependant elles se cultivent et personne ne possède toutes les compétences liées à l’intelligence émotionnelle.

Tour d’horizon pour cerner ce que recouvre le terme d’intelligence émotionnelle:

  • De quoi s’agit-il ?
  • Pourquoi et comment s’en servir ?
  • Quel est son rapport avec l’intelligence créative ?

Les compétences liées à l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle recouvre des compétences personnelles et des compétences relationnelles et sociales.

Comme son nom l’indique cette forme d’intelligence est régie par notre circuit émotionnel ce qui n’exclue pas d’autres types d’intelligences, elles sont complémentaires. Les facultés “intellectuelles” associées à des compétences douces comme l’intelligence émotionnelle permettent de réussir dans divers domaines et de gérer des situations complexes. D’autres types “d’intelligences” ont été répertoriées.

  • Dans sa théorie des “Intelligences multiples” au nombre de dix, Howard GARDNER (1983) évoque les intelligences intrapersonnelle et interpersonnelle.
  • L’Organisation mondiale de la santé a regroupé sous les compétences psychosociales, les compétences cognitives, émotionnelles et sociales.
  • Daniel GOLEMAN a popularisé la notion de “L’Intelligence émotionnelle” comportant plusieurs compétences intrapersonnelles et interpersonnelles(1995)(voir tableau)

L’intelligence émotionnelle peut se définir en ces termes:

“La capacité d’observer ses sentiments et émotions ainsi que ceux des autres, de les distinguer des uns et des autres, et utiliser cette information pour guider ses pensées et ses actes, pour nous-mêmes et dans nos relations avec autrui”*

*cf “L’intelligence créative au travail

Par exemple, une personne diplômée de grande école avec des qualifications techniques et intellectuelles indéniables réussira mieux si elle est à l’aise dans les relations sociales et les rapports humains.

Toute personne possède en partie des ressources issues de l’intelligence émotionnelle mais parfois mal adaptées à la situation ou enfouies ou peu développées.

On peut toujours acquérir des capacités si on comprend leur intérêt pour soi et pour les autres ou si l’on a souffert de leur manque ! L’expérience est le terrain de jeu de l’apprentissage de ces ressources personnelles et interpersonnelles.

  • Les capacités de l’intelligence émotionnelle permettent de s’adapter, de faire face aux situations rencontrées, de développer des interactions constructives et des relations sociales positives.

Et l’intelligence créative ?

  • Elle se nourrit des différents types d’intelligences et renouvelle les capacités de l’intelligence émotionnelle.

Piloter nos capacités émotionnelles pour se comporter de façon plus efficace* et plus adaptée pour nous-même et dans nos relations alimente l’intelligence créative et inversement.

*A noter : efficace s’entend ici dans le sens de favorable, authentique, juste

Les composantes de l’intelligence émotionnelle

Daniel Goleman a présenté l’intelligence émotionnelle en deux parties et cinq compétences majeures regroupant elles-mêmes environ 25 capacités(voir tableau ci-dessous).

La compétence personnelle regroupe les facultés :

  • Mieux se connaître, identifier ses émotions et les réguler pour les prendre en considération.
  • Reconnaître les situations déclenchant ses émotions, en comprendre l’impact et ses réactions associées pour adapter son action et trouver de nouvelles réponses.
  • S’engager et persévérer pour atteindre un but. Faire preuve d’adaptabilité et d’esprit d’innovation.

La compétence sociale regroupe les compétences pour:

  • Gérer ses relations aux autres et percevoir l’impact de ses comportements sur autrui et leur état émotionnel.
  • Développer sa communication et ses relations sociales. Accepter le changement et initier la nouveauté.

Tableau de la compétence émotionnelle d’après D. GOLEMAN “L’intelligence émotionnelle 2- Accepter ses émotions pour s’épanouir dans son travail” Editions Rober Laffont, 1999 version française.

Et l’intelligence créative ?

Quelques exemples de complémentarité entre intelligence émotionnelle et intelligence créative

  • L’innovation et la créativité sont issues de la compétence “Maîtrise de soi “
  • La motivation est au cœur de l’intelligence créative pour persévérer, améliorer et trouver des solutions
  • Concilier des opinions, des sensibilités différentes pour trouver une troisième voie, c’est l’un des principes dans la recherche créative pour ne pas rester dans un mode binaire.
  • Le changement requiert une démarche créative. Et les relations également !

Exemple

Si on a l’habitude d’anticiper en négatif une situation à venir ou un changement, on perd en motivation et en créativité. Nous pouvons changer cette façon de penser habituelle et nos réactions programmées grâce à la connaissance de soi et la maîtrise de soi. En différant son jugement négatif, en accueillant une idée ou une nouveauté, on envisage une issue positive dans un premier temps. Ce qui n’implique pas de continuer à soutenir une idée, par exemple, si elle s’avère inutile par la suite.

Garder un contrôle sur notre vie, c’est regarder d’un œil neuf une situation, et changer de comportement, d’appréciation ou de “cadre”. Nous ne contrôlons pas toutes les situations mais nous avons le pouvoir de changer de vision pour trouver des solutions au moins en partie.

Adopter une autre attitude

La conscience de soi permet de reconnaître un état intérieur difficile comme la colère, par exemple, avec l’agitation que l’on ressent, les pensées tournant en boucle. En regardant la situation qui l’a suscitée, nous prenons conscience de notre état, du déclencheur et des conséquences pour soi puis pour les autres. C’est toute la différence avec le fait de se laisser emporter et peut-être dévasté par la colère et c’est valable pour toute autre émotion.

Une réflexion personnelle nous permet de mieux comprendre ce qui nous a agacé, heurté ou inquiété et de trouver une solution adaptée à la situation réelle. Il arrive souvent qu’une émotion comme la colère, dans l’exemple, nous dépasse et soit déconnectée de la réalité. Egalement en étant régulée, elle peut nous permettre d’agir en transformant notre colère en force créatrice.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise émotion, il y a des émotions difficiles, désagréables ou agréables, elles sont toutes utiles. Le but de la colère est de se défendre, de donner des limites, de dire non ou de faire valoir un droit.

Pouvoir se servir de l’ intelligence de ses émotions sans se laisser submerger est souvent difficile: se laisser aller à la colère, par exemple, et agir quand on a réfléchi et retrouvé ses capacités nécessaires pour trouver une solution.

Il ne s’agit pas de lisser nos émotions difficiles pour adopter une façade positive !

En employant une ou des capacités de la conscience de soi et de la maitrise de soi on régule l’émotion difficile pour adapter sa réponse c’est-à-dire son action et trouver des solutions à la situation. Réguler ne veut pas dire supprimer ou ignorer.

Dans l’exemple de la colère, on peut s’apercevoir que :

  • La situation ne nécessite pas de réponse ni d’action, on prend conscience que c’est une mauvaise interprétation ou qu’il y a une explication toute simple. On s’est emballé trop vite. On passe à autre chose
  • La situation mérite d’être éclaircie ou débattue, on favorise la relation aux autres et la communication pour avancer et mieux situer le problème
  • La situation demande une réponse forte et de se défendre par la loi, par la protection…On agit en conséquence quand l’émotion est régulée.

Ainsi nous nous servons de nos Intelligences émotionnelle et créative.

  • Si nous sommes dans le chaos émotionnel, ce qui peut être tout à fait normal et humain, nous avons du mal à réfléchir et à trouver des solutions.

Cependant, dans une situation demandant une réponse immédiate, nous n’avons pas pas le temps ni la possibilité de passer par ces stades, nous avons alors un acquis ou un réflexe nous permettant de trouver une issue ultra rapidement, positive ou pas.

Dans ce dernier cas nous sommes en état d’alerte maximale, le stress répond à une situation perçue comme dangereuse et vitale sur le plan physique ou mental, et nous prépare à fuir, combattre ou rester “cloué sur place”.

Ce qui n’est pas le cas le plus courant dans notre vie quotidienne, nous sommes généralement dans des situations provoquant des émotions difficiles suite à des problèmes relationnels, d’urgence, de contexte compliqué.. Mais pas vitaux !

Bien sûr c’est simple sur le papier, plus difficile en situation :

  • En adoptant des techniques comportementales et créatives nous changeons des réactions instinctives mal adaptées à la situation ou nous retrouvons des capacités oubliées.

Pourquoi c’est important

Nous avons besoin de sécurité psychologique mais l’incertitude et les émotions difficiles font partie de la réalité de la vie et il ne sert à rien de les nier, de les exagérer ou de nous plonger dans un monde idéalisé (ou virtuel) !

Prendre soin de soi et travailler sa capacité à agir de façon adaptée permet de gagner en confiance et en sécurité personnelle. Egalement d’être attentif au monde et aux personnes dans un lien d’interdépendance (partie “compétences sociales”).

Les compétences émotionnelles nous aident à nous alerter, nous adapter, à surmonter des difficultés, à changer ou à prendre des décisions et à contribuer aux relations d’interdépendance positives.

Associées à l‘intelligence créative nous trouvons des solutions seul ou à plusieurs et nous renforçons nos liens.

En intégrant des compétences et aptitudes émotionnelles nous nourrissons notre intelligence créative et inversement.

Par exemple en se connaissant mieux intérieurement on arrive à :

  • Accepter et réguler nos émotions et le stress, persévérer malgré les difficultés, et faire preuve d’esprit créatif pour nous adapter, trouver d’autres solutions..

Cela demande une reconnaissance de nos propres atouts et difficultés et une attention à soi dans un premier temps. Des techniques de créativité et des exercices d’entrainement nous permettent de changer, développer ou améliorer certaines de nos capacités.

Chaque personne avance à son rythme même avec peu de temps consacré à la pratique mais de façon régulière

Le temps et les expériences de la vie nous permettent de tester, de découvrir et d’approfondir nos ressources personnelles de l’intelligence émotionnelle et de l’intelligence créative.

Extrait tiré de mon livre

Explications, exercices, techniques et témoignages dans mon livre :

Livre L’intelligence créative au travail (gereso.com)

A suivre : L’intelligence créative et l’intelligence émotionnelle 2